Pourquoi taper une adresse ou se servir d’un moteur de recherche quand une application spécifique vous apporte, sur un plateau, ce dont vous avez besoin ? À terme, selon Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine américain Wired, notre tendance naturelle à fournir le moindre effort, nous conduirait à délaisser le surf au profit d’un choix plus ou moins limité d’applications qui correspondraient à nos besoins et envies. Toujours d’après le journal de Chris Anderson, en 2015, le nombre d’utilisateurs ayant accès au Net depuis des mobiles ou des tablettes tactiles surpassera le nombre y accédant par ordinateur. Le web et ses navigateurs seraient donc voués à s’éteindre, sacrifiés sur l’autel d’applications « webophages ».
Est-ce une bonne nouvelle pour les usagers de la Toile ? Tout dépend pour qui. Du côté de l’émetteur, les médias raffolent déjà de ces applis et y voient une façon de booster leur audience auprès d’un public captif, (prés de 7 milliards de dollars de revenus en 2010 selon les estimations de Gartner). En France, les applis « actu » (Le Monde, Reuters ou encore 20 Minutes…) installées sur smartphone ou iPad voient leur audience en progression constante. Côtés septiques, les esprits critiques, défenseurs de l’internet libre, comme le blogueur technophile Jeff Jarvis, voient en ces applications fermées un moyen pour les éditeurs de prendre encore plus le contrôle sur les contenus : les applications n’interagissent pas entre elles, ni avec le Web et sont hostiles aux liens et aux recherches.
Alors moribond le web ? Pas si sûr. Du point de vue business, la croissance exponentielle des applications est incontestable. Rien de plus normal dans une économie de marché où la nouveauté est un moteur. Rappelons toutefois que le web est lui aussi une application en progression mais que son ancienneté en fait une source de profits moins spectaculaire. Ah ! Vieillesse ennemie !






