19 janvier 2009
Classé dans : Le Feuilleton de la communication interne
Le feuilleton des défis de la com’interne (6/9)
Crise de foi et théorie du Chaos
La vieille information est morte
Résumé : les nouvelles technologies ont rompu l’ordre établi dans les entreprises poussant les communicants à repenser les relations entre l’information et les salariés et les flux circulant entre détenteurs et consommateurs de cette information.
Intranet a « révolutionné » les relations que communicants et salariés avaient traditionnellement avec la notion « d’information ». Trois modifications essentielles ont bouleversé les anciennes règles : une révolution des modes de lecture. Un constat : sur la toile, le « zapping » est la règle. C’est inévitable, posté devant un écran, une souris en main, tout individu devient un « zappeur ».C’est-à -dire un lecteur aux comportements non seulement nouveaux mais surtout irrationnels (« cliquant » ça et là , sautant d’un texte à l’autre, d’un bloc d’information à un autre, sans logique apparente) donc passablement imprévisible.
Le problème posé aux communicants est alors simple : L’internaute (re) devient un consommateur d’information à « l’état sauvage », libre, imprévisible et difficilement « domesticable ». Une bonne nouvelle pour les amateurs de nouveaux comportements et les pourfendeurs d’archaïsmes, mais un « casse-tête » pour les communicants. Difficile, en effet, dans ces conditions, de s’assurer qu’un message essentiel a bien touché son public, que le « récepteur » a bien reçu « l’émetteur ».
Plus délicat encore, Émail, forums et plus récemment « Blogs » d’entreprise ont ouvert des champs d’expression infinis et offert un nouveau territoire de liberté pour les salariés. Sous surveillance certes, mais une véritable liberté d’expression et parfois d’interpellation.« Le journalisme citoyen s’est épanoui tel le chiendent sur un internet de plus en plus utilisé, nourri par une blogosphère bavarde » notait récemment Libération dans un article consacré à l’explosion des blogs. « C’est un signe de la crise du journalisme et en même temps son triomphe : tout le monde est journaliste ». Un phénomène que l’on retrouve, à l’identique, dans l’entreprise. Avec les nouveaux médias, chaque salarié est devenu un contributeur et chaque contributeur un communicant. Pour le meilleur et parfois le pire.
Seconde mutation, l’hypertexte a imposé de repenser la valeur de l’information. Car ces liens permettant de lier des contenus construisent un système d’information non plus en « deux dimensions » mais en « trois » avec une notion de « profondeur ». Dès lors se pose (au moins) une question complexe : quelle est la valeur d’une information d’une couche n par rapport à celle d’une couche n-1 ou n-2 ? Moins importante ? Plus importante ? Complémentaire ou concurrente ? accessoire ou essentielle ? et pour quels publics ? Qui, d’ailleurs, sur Internet, n’a jamais ressenti une immense lassitude en parvenant, après un parcours ennuyeux de liens en liens, à un contenu hors du sujet attendu ? Il en va de même sur intranet, sauf que sa dimension stratégique et son implication dans la communication interne, impose néanmoins une organisation fine du média. Une tâche nouvelle pour les services de communication. Celle de structurer, en profondeur, l’information de l’entreprise.
Troisième mutation, les modes de traitement de l’information se transforment. Les contraintes et spécificités du média électronique forcent à repenser les modalités, tant d’écriture que de hiérarchisation des informations. Intranet en supprime certains, mais génère aussi une multitude de nouveaux modes de traitement : de l’écriture « collaborative » à plusieurs mains (du type de l’encyclopédie en ligne Wikipédia), à l’interview interactive sans oublier désormais la vidéo en ligne sur le modèle des phénomènes de Youtube ou Dailymotion (qui touchent désormais les médias d’entreprise).






