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27 octobre 2008

Classé dans : Le Feuilleton de la communication interne

Les défis de la com’interne 2/9

Crise de foi et théorie du Chaos

Les valeurs d’une communauté

Résumé : après la simple mise en œuvre des techniques de communication, la nouvelle com’interne est aujourd’hui sur tous les fronts. Elle intervient dans des domaines hétérogènes et complexes.

Première priorité donc : animer, enrichir et faire vivre des valeurs communes, une fonction devenue essentielle. Pour au moins deux raisons:- L’entreprise, parfois transformée en modèle de complexité, voit son identité, au mieux, devenir de plus en plus « floue », au pire chahutée jusqu’à sa dilution. Elle doit dès lors être renforcée autour de valeurs fortes. Il s’agit « de faire société » explique Jean-François Claude, spécialiste du management d’entreprise et de ses valeurs . Et un système de valeurs, c’est quoi ? L’addition « d’idéaux plus des objectifs ». Où va-t-on et pourquoi ? Quel but ? quel sens ?Pour ce spécialiste des valeurs, celles-ci ont cinq vertus essentielles : elles sont constitutives d’une « âme de l’entreprise », aident à traverser les péripéties sans secousse grave, constituent une « signature » face aux pressions extérieures, génèrent une compétence collective plus performante que la somme des compétences individuelles et donnent du sens à des salariés soucieux de la qualité de vie au travail, en soulignant une relation plus personnelle que « technique ». C’est, en définitive, « Un lien social légitime qui donne envie de travailler pour autre chose que soi-même » conclut JF Claude.Celles-ci doivent, effectivement, être en prise avec la représentation des métiers, la nature du travail, la pyramide des ages, l’équilibre hommes-femmes, les représentations symboliques de l’entreprise (« virilité » dans la sidérurgie, « méticulosité » dans la recherche pharmaceutique, « courage » dans l’exploration géologique), son histoire, ses racines. Par exemple, dans les métiers héritiers du feu (comme la métallurgie, ou la cimenterie) il faudra prendre en compte le sentiment fort d’attachement aux signes de ce qu’il semble être comme une des dernières « chevaleries ». À la RAPT, la laïcité est une valeur véritablement partagée et unanimement évoquée. À la Ligue contre le Cancer, on soulignera un profond engagement quasi « humanitaire » dans un combat autant social que sanitaire. Les valeurs internes doivent faire sens et trouver une résonance réelle auprès des salariés. Sous peine d’incompréhension, de rejet donc d’échec.?Seconde vertu d’un socle de valeurs fortes : celle d’accompagner l’indispensable passage d’une compétence individuelle à une compétence collective. Car, comme le souligne également Jean-François Claude « La production de l ’inédit (la créativité) procède désormais d ’une combinaison de compétences ». « Ce sont les valeurs partagées qui, entre autres, permettent à des collaborateurs de considérer que les situations de travail sont suffisamment légitimes pour les engager à coopérer dans un esprit constructif ».L’organisation généralisée en « Business Units », en branches indépendantes, alliée à une poussée de l’individualisme au travail (alimenté par une pression permanente à réussir) a réduit le travail collectif au détriment de la créativité. Le culte de la performance, a, dans bien des entreprises, recrée des « chapelles », lorsqu’il n’a pas été jusqu’à générer de véritables « forteresses ». À la « com interne » incombe alors la mission de recréer du lien, de faire partager les expériences, de mettre en valeur les fameuses « Best practices » chargées d’alimenter à la fois les idées novatrices et les échanges entre collaborateurs. Il faut « arrondir » ce que les organisations ont rigidifié, relier ce que les organigrammes ont séparé. La « pression » croissante des organisations qui pousse cadres et salariés à s’autonomiser et revendiquer « leur » différence rend la vie en commun et le travail ensemble de plus en plus difficile.