18 février 2008
Classé dans : Le Feuilleton de la communication interne
Le feuilleton de la communication interne 6/6
De l’adjudant-chef au blogueur
20 ans d’une évolution mouvementée
Dernier volet : « Je blogue, donc je suis ! »
Résumé : Après une communication « je vous éduque », une communication « mobilisons-nous », la communication interne est désormais entrée dans l’ère de la maturité.
Dans une société désabusée (perte des valeurs, disparition des idéologies et une classe politique décrédibilisée), que Christophe Lambert, alors dirigeant de l’agence de publicité Publicis, qualifie même de « société de la peur », l’entreprise apparaît pour certains salariés comme un des rares lieux refuges, une source de lien social, voire la détentrice du dernier « contrat social ». « L’apparition et l’explosion d’Internet ont renforcé l’isolement et la solitude de l’individu », note Christophe Lambert. « Internet est ainsi au cœur d’un immense malentendu. Présenté comme l’outil de communication globalisé par excellence, le Net consacre en fait la toute puissance du moi. Seul face à son écran, l’internaute croit avoir accès à tous les citoyens du monde comme à l’ensemble des connaissances ; il est même persuadé qu’il peut à son tour apporter sa contribution à la pensée universelle. Il ne fait que se perdre dans un écran narcissique qui a remplacé le miroir magique des contes de fées. » « Virtuellement relié à tous, l’individu internaute est plus que jamais seul, réellement seul. » À cet égard, le bureau, l’usine ou l’atelier apparaissent, chaque matin, comme Le lieu « réel » par excellence, un lieu de partage et d’échanges… humains. Pas étonnant dès lors que l’on attende beaucoup de cette communauté réelle.
Enfin, la communication interne est également imaginée (ou phantasmée ?) comme une sorte de garant du bien-être. « Dans une entreprise où chacun passe 40 000 heures de sa vie », estime le directeur de la communication de la Sernam *, « le cycle désir/plaisir/bien-être est fondamental. Et si c’est “normalement” au management de gérer les relations dans l’entreprise, en réalité la communication est un instrument à la fois déclencheur, accompagnateur, et parfois arbitre. Le dircom force l’entreprise à écouter, à s’écouter. C’est lui qui casse le système hiérarchique et suscite le dialogue », poursuit ce directeur de la com. « C’est lui qui doit sentir les tensions, retarder les explosions, c’est lui qui peut aider à graisser les rouages, qui fait des ponts entre les expériences réussies. Le “je suis informé donc je suis” ne suffit pas. » « On désire trouver dans sa vie professionnelle de la convivialité, des échanges, de la variété, des émotions, bref de quoi satisfaire son affectivité », confirme Pierre Labasse. « Et chacun aspire à être reconnu comme une personne, avec ses potentialités propres, et accepte de moins en moins d’être traité comme un numéro anonyme au sein d’une catégorie socio-professionnelle. »







