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15 janvier 2008

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Classé dans : Le Feuilleton de la communication interne

Le feuilleton de la communication interne 4/6

Edouard Rencker

De l’adjudant-chef au blogueur

20 ans d’une évolution mouvementée

Les années 90 : La mobilisation

Résumé : Après l’ère de l’éducation, dans les années 80, voici venir l’ère de la mobilisation : la communication interne s’adapte au discours de l’image d’une entreprise « combattante ».

Pour une véritable politique de communication interne

Les années 90, c’est l’époque où apparaît (et dans certaines entreprises se généralise) la langue de bois, ou encore appelée « langue de coton » par François-Bernard Huyghe, « la langue qui pense pour vous »*. Principaux moteurs : d’un côté, les directions qui souhaitent tellement mobiliser qu’elles en oublient de parler vrai et se crispent sur un langage artificiel, formaté, et surtout sans réplique. De l’autre les « validateurs », (souvent l’encadrement intermédiaire) ou tout simplement les sources d’informations elles-mêmes, qui, enfermées entre le souci d’être bien « notées » et la crainte de la « gaffe », écrêtent la moindre aspérité des discours. Au-dessus, souvent, les présidents et directions générales qui cultivent un culte maladif du « secret ». Ainsi, en novembre 1989, les salariés d’American Can apprendront le rachat de leur entreprise par Pechiney par une « fuite » dans la presse économique. En 1990, ce sont ceux d’Adidas qui découvrent, médusés, le rachat de leur entreprise par Bernard Tapie en direct de la Coupe du monde de football « à la télé ».

La communication interne connaît alors, à la fois, ses premiers revers et ses premiers signes de reconnaissance. Michel Durier, DRH du Groupe Ciments Français, écrit alors dans la préface de « L’Entreprise sous presse », premier ouvrage consacré à la place du journal d’entreprise dans la communication interne : « La communication – mot magique et galvaudé – risque de subir dans l’entreprise le sort des modes managériales qui se succèdent et se cannibalisent, provoquant le désintérêt des dirigeants et l’ironie narquoise des salariés. C’est un comble, au moment où un très grand nombre de sociétés en découvrent la nécessité, en même temps que la complexité, la vulnérabilité, les risques de perversion. Il est urgent de faire une pause dans la course au tout communicant, d’appeler un chat un chat, d’arrêter de confondre salariés et clients, propagande et politique de ressources humaines. »

Le magazine Stratégies, lui, souligne « le piège dans lequel sont tombées bien des entreprises en se bornant à un discours tenant plus de la langue de bois que de la mobilisation. Quand on parle de l’enjeu européen, par exemple, il n’est peut-être pas inutile de parler de la concurrence avec des chiffres à l’appui plutôt que se contenter de beaux discours. Et il reste encore à adapter le comportement des hommes qui, à tous les niveaux, sont en charge de sa mise en œuvre (la politique de com’ interne). Or ceux-ci apparaissent souvent comme les plus sérieux obstacles à l’instauration d’une véritable politique de communication interne ». À suivre…




 

*La langue de coton. Robert Laffont, 1991.