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27 novembre 2007

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Classé dans : A lire, A suivre

« L’humeur m’a tué »

Sondage : quelle est la première source d’information des salariés français pour les nouvelles importantes ? Le réseau des managers ? La direction générale ? Le journal interne ? L’intranet ? Les réseaux de « com » ? Aucun !

C’est la rumeur. 67% des salariés français (contre seulement 41% au Danemark) se disent informés des décisions importantes de leurs entreprises par cet – archaïque – mais terriblement vivace média. Signe de mauvaise volonté de salariés plutôt «ronchons» ? Que néni, les cadres sont au même régime avec néanmoins « seulement » 50 % de « rumeuristes ». Goût inconditionnel pour les petites histoires ? Les « bavardages » ? Une espèce de syndrôme « People » ? Une « télé réalité d’entreprise » ? Non, car ce qui inquiètent les analystes, c’est la progression exponentielle du chiffre (plus 8% en moins de 4 ans).

Cette croissance serait la conséquence directe d’un déficit en matière de communication alimenté par plusieurs facteurs :
- Tout d’abord la focalisation des directions d’entreprises sur des objectifs à courts termes (empêchant ainsi de communiquer sur le moyen et long terme) et laissant le champ libre à tous les fantasmes.
- Ensuite, (toutes les études le montrent) une faille de plus en plus grande entre l’entreprise et ses salariés, lieu de tension alors qu’on en attend un substitut de « contrat social ».
Notre analyse du quotidien nous permet d’ajouter deux facteurs : la pression du « tout communiquant » et la prééminence de la forme sur le fond en matière de communication interne . L’obligation pour tous de devenir des « portes paroles », des relais d’opinions y compris pour des managers qui n’en ont ni le goût, ni l’envie, ni les capacités provoquent une crispation générale de la parole bien pire que l’ancienne « langue de bois » (qui elle au moins était volontaire et marquait justement un contrôle alors qu‘aujourd’hui tout le monde craint un dérapage). La communication ne doit pas être une « punition » mais une liberté.
Quant à la dictature de la forme (l’effet « télé » là encore), il est désormais temps de retrouver des convictions « éditoriales ».