25 juin 2007
Classé dans : A lire, A suivre
Le paradoxe des valeurs <br />ou comment une vertu devient un vice ?
Si recourir aux valeurs est désormais essentiel, les énoncer ne garantit pas que ce qui en découle soit vertueux et légitime. Ainsi une étude réalisée montrait que les grandes entreprises françaises partagent le même « top 10 » de valeurs, à savoir: Innovation (40%), Respect (28%), Soin du client (22%), Intégrité,transparence (20%), Esprit d ’équipe (18%), Esprit d ’entreprise (18%), Environnement (15%), Qualité (14%)…. Ce qui les rend inopérantes. Car des valeurs qui paraissent par trop « artificielles » (et que dire de celles que l’on retrouve à l’identique entre deux concurrents mortels ?) produisent…une destruction de valeur.
- Parce qu’un dispositif de valeurs « artificielles » devient, (pour ceux chargés de les mettre en place sans trop savoir pourquoi ?) un exercice de pure forme, voire une infantile « récitation » que l’on ânonnera pour faire plaisir à sa hiérarchie,
- Parce que des valeurs « fausses » rendent les salariés dubitatifs quant à la pertinence de la stratégie de l ’entreprise sur le thème : « s’ils ont été capables de produire une telle ineptie, qu’en est-il des orientations importantes ? »
- Parce qu’elles sont assimilées à un message de nature publicitaire (avec lesquelles elles se confondent souvent),
- Parce qu’elle laisse à penser qu ’elles servent l ’entreprise à « se donner bonne conscience »
- Parce que de fausses valeurs moralisent les comportements en introduisant un manichéisme dangereux distinguant artificiellement ceux qui sont « bien » et ceux qui « ne sont pas dans la ligne »
- Parce qu’artificielles, elles paraissent comme un simple phénomène de mimétisme, l ’entreprise se conformant sans conviction aux modes de management en cours
D ’où le paradoxe: une entreprise sans valeur résiste moins bien aux « turbulences » de la vie économique qu’une société avec des valeurs fortes, mais, une entreprise ancrée sur de « fausses » valeurs détruit plus d ’énergie que les autres en période de crise.






